Divorce, l’importance de l’implication du père dans l’éducation de l’enfant

Si la garde alternée séduit de plus en plus, le fait est que les enfants restent encore très majoritairement à la charge de la mère après un divorce ou une séparation (plus de 70 % des enfants, selon les données de l’INSEE). En ne voyant ses enfants qu’un week-end sur deux et la moitié des vacances – dans le meilleur des cas – il est difficile pour un père de conserver son niveau d’implication dans l’éducation de ses enfants, notamment lorsqu’un autre homme partage la vie de leur mère. La chose peut-être vécue comme une dépossession du rôle de père.

Mise au point

Que l’on se comprenne bien. L’objet de ce papier n’est pas de reprendre les arguments de la manif pour tous et d’appuyer pour une vision rétrograde du couple et du foyer familial ; un papa, une maman. Pas plus qu’il n’est d’exploser la vision du couple traditionnelle. Entre deux visions radicales, il doit être possible d’exprimer d’autres points de vue plus mesurés. Le fait est que le modèle familial français est celui-là depuis des siècles. Cela ne signifie pas qu’il est forcément le meilleur, mais cela ne veut pas dire non plus qu’il est obligatoirement à jeter. Dans les faits, un divorce peut intervenir à n’importe quel moment de la vie de l’enfant. Selon son âge, son environnement, sa culture, le contexte général, la séparation est plus ou moins bien vécue. Elle l’est d’autant plus quand l’un des deux parents semble démissionner de sa fonction parentale après le divorce. Et compte tenu de la proportion de ces enfants qui sont gardées par leurs mères, il apparaît clairement que les pères soufrent d’un déficit d’implication dans l’éducation de leur progéniture. Une absence souvent préjudiciable pour les enfants, d’autant plus qu’elle marque un manque, qui, jusque là, était comblé.

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L’importance d’un père présent pour l’équilibre de l’enfant

Après un divorce, lorsque le choix a été fait de laisser la mère prendre en charge le quotidien des enfants, le père souffre d’une image altérée auprès d’eux. Et la question du mode d’implication se pose forcément. Doit-il laisser la mère entreprendre l’éducation des enfants sans la contredire ? De quel pouvoir peut-il disposer pour se mêler à la construction mentale et psychologique de ses enfants ? Peut-il se limiter à un simple accompagnement financier ? Comment conserver ou construire un lien plus fort avec des êtres qu’il ne voit qu’épisodiquement ? Pour l’enfant, il est un repère, au même titre que la mère, mais un repère souvent lointain, aux contours parfois flous, un repère s’effaçant dans la brume des jours à mesure que le temps passe. Et pourtant, sa présence est d’une importance capitale. Il n’existe pas de méthodes infaillibles permettant de conserver une forme d’équilibre dans l’implication de l’un et de l’autre. Pas plus que de procédures spécifiques garantissant la juste présence du père dans la nouvelle configuration du foyer. Seule compte l’intelligence.

Anticiper l’après divorce

La meilleure solution reste encore la discussion, en amont, sur les conséquences dans la vie de chacun qu’aura la séparation. A une époque dévolue toute entière à l’accélération du temps, soumise à la tyrannie de l’instant, et où il est désormais possible de recourir au divorce en ligne, il va de soi que l’anticipation demande quelques efforts. Mais ces efforts seront largement récompensés. Deux parents, même divorcés, impliqués au même titre dans l’éducation de leurs enfants faciliteront grandement l’équilibre et l’épanouissement de ces derniers. C’est pourquoi, quelle que soit la procédure de divorce choisie, divorce contentieux ou divorce par consentement mutule, il est primordial que le couple en instance réfléchisse longuement à toutes les conséquences en amont du dépôt du dossier. C’est d’ailleurs ce qu’encourage le législateur en faisant appel à la responsabilisation des parents dans le cadre de la nouvelle procédure de divorce à l’amiable, en vigueur depuis le 1er janvier 2017. La suite s’avère bien plus simple à gérer quand la réflexion a été bien menée en amont. A une époque où tout va toujours plus vite, il est nécessaire de savoir prendre son temps pour en gagner. Sans compter votre équilibre et l’épanouissement de vos enfants.